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Présentation Projet
Educatif
Labre
Echos (07/1999)
Labre
Echos (01/2000)


Projet Educatif 1997 (synthèse)


  INTRODUCTION

Ce projet a été élaboré par l’ensemble du personnel durant une année scolaire. Il explique tout d’abord, la finalité du projet de l’établissement, à savoir permettre aux filles accueillies de développer leurs ressources et leur permettre de mieux cerner les règles de la vie quotidienne dans la société. Dans un deuxième temps, ce projet est consacré aux principes sur lesquels le personnel s’appuiera pour mener les actions. Est abordée ensuite, l’utilité d’une prise en charge individualisée et les outils méthodologiques nécessaires pour la mener à bien ou au mieux. Une partie est consacrée aux objectifs opérationnels qui orienteront les actions à mener dans l’avenir. Enfin, une dernière partie présente les rôles et fonctions de chaque membre du personnel.

I - LA FINALITE DU PROJET

De plus en plus, ce sont des jeunes avec des problématiques de plus en plus difficiles et complexes, qui sont accueillies. De nouvelles problématiques apparaissent, notamment celles liées à l’inceste ou à la maltraitance.

Le but de l’établissement est d’aider ces jeunes en tentant de leur faire prendre conscience des conséquences de certains de leurs comportements et de l’intérêt qu’ils ont à les modifier.

Le rôle de l'éducateur est de con&onter les Biles avec ce qui existe à l'extérieur c'est-à-dire, les amener à améliorer leurs capacités à évoluer dans la société et de les prendre en charge quotidiennement en créant un cadre de vie, en partageant avec elles le quotidien et en leur donnant les moyens de s'affirmer.

Il - LA QUALITE DE LA RELATION, PRINCIPAL SUPPORT DE L’ACTION EDUCATIVE

Une bonne qualité de relation permettra à l’éducateur d’avoir de l’autorité sans devoir recourir à l’autoritarisme. L’adolescente s’engagera dans un projet individualisé, d’autant plus facilement qu’elle aura confiance aux adultes.

Pour ceci, les éducateurs devront :

  • partager le quotidien avec les filles, ce qui favorisera la communication et le dialogue,
  • respecter les adolescentes et réciproquement. Ceci passe par le respect de l'intimité, de la différence, du propre corps de l'autre, du rapport aux règles...
  • écouter et observer : la jeune qui aura eu la possibilité de s’exprimer sera ensuite plus disponible pour entendre ce que l ’éducateur lui dit,
  • gérer les émotions pour accéder à une bonne qualité de la relation. C’est aussi prendre en compte celles des jeunes,
  • sécuriser : nous sommes responsables de la sécurité des adolescentes, tout en veillant à ne pas les fragiliser par une surprotection,
  • valoriser, c'est à dire reconnaître et exprimer les capacités des jeunes, souligner les efforts et les évolutions, voir en priorité le positif et leur donner confiance en elles, trouver les détails qui les mettront en valeur,
  • leur faire confiance : il est important de pouvoir faire confiance pour se socialiser. Les jeunes en ont besoin. Avoir la confiance de l’autre permet de se sentir reconnu, écouté, respecté.

III - LA PRISE EN CHARGE INDIVIDUALISEE

Cette prise en charge consiste à appréhender les difficultés de la fille en prenant en compte la personne dans son ensemble, en considérant son histoire, sa culture et son éducation antérieure. C’est diagnostiquer la problématique de la personne et tenter d’y apporter des réponses adaptées.

La gestion de la liberté fait partie de la prise en charge individualisée. La liberté, c’est savoir s’occuper de soi, Pour les jeunes, c’est la préparation à l’indépendance. Les éducateurs aideront celles-ci à apprendre à gérer leur argent, leurs sorties, leurs limites, leur temps, et leur passage au foyer (groupe des plus grandes) où elles vivront avec plus d’autonomie.

L’outil de travail est le projet individualisé. Il sera mis en place le plus tôt possible. Les premières ébauches pourront même être vues au moment de la pré-admission avec les partenaires, la jeune et éventuellement la famille. Ce projet s’appuie sur la problématique. L’éducateur réQéchira au projet qu’il a pour la jeune. Ensuite, il s’efforcera en utilisant ses capacités à convaincre, d’aboutir à un consensus pour que le projet devienne celui de la fille. Le projet doit permettre à l’adolescente de se construire par rapport à ce qu’elle a vécu et ce qu’elle souhaite et non par rapport aux envies des éducateurs. Les conduites éducatives et les synthèses permettent d’évaluer les projets individualisés. C’est l’occasion d’une mise à jour sous réserve qu’il y ait des motivations de la part de la jeune.

IV - LES OBJECTIFS OPERATIONNELS

Le foyer, une étape vers l’autonomie

Le foyer, un des quatre groupes de l’établissement, accueille les aînées à partir de 17 ans. Le passage au foyer est une étape qui prépare à la vie extérieure. Les Biles de ce groupe bénéficient de plus d’indépendance, de liberté et de responsabilités.

En plus du critère d’âge, la fille doit posséder certains acquis au niveau du comportement et de l’autonomie qui lui auront été apportés pendant son séjour dans le groupe.

Différents modes de vie sont proposés au foyer :

  1. A son arrivée au foyer, la jeune s’inscrira dans un fonctionnement similaire aux autres groupes. Elle aura un peu plus de liberté pour les sorties.
  2. Nous lui confierons son budget alimentaire et elle aura le choix de prendre ses repas avec le groupe en payant la maîtresse de maison ou de préparer ses repas elle-même.
  3. Elle aura la possibilité d’occuper un studio à l’intérieur de l’établissement.
  4. Lorsqu’une fille se sent prête, elle recherche elle-même son logement et organise son déménagement. Elle peut demander à être suivie par le foyer pour une durée déterminée dans son projet individualisé, pour ensuite prendre son indépendance.
    La formation maison, un outil qui fadlite l’accueil des jeunes en grandes difficultés

La formation maison permet de prendre en charge dans la journée, des adolescentes, en rupture avec l’enseignement scolaire. Nous travaillons pour améliorer leur Qexibilité comportementale qui permettra leur intégration dans les systèmes de notre société et les aider à atteindre un objectif défini. Les maîtresses de maison, l’économe, l’éducatrice de l’atelier couture et l’homme d’entretien assurent cette formation individualisée qui est une structure de formation pré-professionnelle déclarée.

Quatre axes principaux orientent le fonctionnement de cette formation :

  • un maximum de personnalisation,
  • une ouverture vers l’extérieur,
  • la participation d’intervenants extérieurs,
  • une équipe pluridisciplinaire assurant une complémentarité des prises en charge.

Les partenariats

La fille accueillie au foyer BENOIT LABRE, y arrive avec une histoire qu’il importe de prendre en compte. Une partie de cette histoire a été partagée avec d’autres professionnels. Ils sont des partenaires privilégiés dans la prise en charge de la fille. Ces partenaires sont :

  • les travailleurs sociaux : ils sont à l’origine du placement.
  • les référents sociaur : ils prennent le relais du travailleur social.
  • les juges : ce sont les décideurs. Ils ont besoin pour cela d’avoir des informations claires et précises.
  • Les enseignants : les éducateurs ont pour mission de rencontrer régulièrement les enseignants sans forcément attendre qu’il y ait un problème.

De plus en plus, les jeunes accueillies ont des problématiques de plus en plus complexes. Il est dif5cile de trouver des lieux de prise en charge pour elles. Lorsqu’il y a un cas de ce type, la situation est gérable, mais c’est la multiplicité qui pose problème. Pour élargir les capacités à répondre à ce type de besoins, l’établissement demande au département dans le cadre du budget prévisionnel, des moyens supplémentaires pour obtenir un encadrement éducatif qui soit au même niveau que la majorité des établissements et recherche de nouveaux partenaires de façon à constituer des réseaux permettant un travail rassemblant différents moyens. Pour ceci, de nouveaur partenaires ont été sollicités :

  • le secteur psychiatrique : il est &équent qu’une fille se révèle dangereuse pour l’institution.
    Elle crée une insécurité auprès des jeunes de son groupe. Au bout d’un moment, les éducateurs sont saturés et se démobilisent. Il serait souhaitable dans ces cas, d’avoir la possibilité de faire appel à une structure qui puisse assurer le relais en urgence pour ce type de jeunes. Actuellement, il est impossible de trouver un soutien de ce type. Le Centre d’Accueil pour Jeunes Adolescents ouvre des perspectives de collaboration avec l'établissement.
  • l’Inspection Académique : deux instituteurs détachés de leur classe, travaillent à mi-temps, au foyer. Ils prennent en charge des filles de manière individualisée ou en nombre très réduit. Le but est de créer un lieu d’instruction et non une classe, aGn de recréer un lien avec l’école. Deux types de jeunes bénéficient de cette opération : les jeunes de la formation maison et des filles scolarisées, ayant des problèmes d’illetrisme ou des retards très importants remettant en cause leur intégration scolaire. Quelques jeunes extérieures au foyer pourraient également bénéficier de cette aide.

La participation des familles

Chaque fois que cela est possible, la relation avec la famille sera maintenue. Certaines souhaitent ne plus avoir de lien avec leurs parents, leur choix est respecté.

L’apprentissage de la démocratie

Il s’agit de permettre aux adolescentes d’être actrices de leur vie et de ne pas la laisser diriger par d’autres. C’est leur apprendre à ne pas se laisser manipuler, à se forger leur propre opinion, à ne pas se laisser enfermer dans des croyances limitatives, à éviter les pièges de la démagogie.

Apprendre à gérer

Le rapport à l’argent est un aspect important de la vie quotidienne. Sans être un but, il est un moyen pour régir une bonne partie des relations humaines. Une bonne maîtrise de ce moyen aidera considérablement les jeunes à s’insérer. Dès l’accueil, la fille bénéficie d’une allocation d’argent de poche et d’une somme pour l’achat de ses vêtements.

Cette évolution de la gestion de l’argent par étape, leur permet d’avancer au fur et à mesure que se développent leurs capacités à gérer l’argent.

Lu scolarité et les activités entre scolaires

La scolarité : c’est une exigence qu’il nous faut tenir auprès de nos jeunes parce qu’elle est la loi. Les filles sont inscrites dès que possible dans les différents établissements scolaires d’ARRAS et environs. L’éducateur référent de la jeune assiste aux réunions de parents, signe le carnet de correspondance, les billets d’absence. Les bulletins scolaires sont vus par le chef de service qui rencontre l’adolescente à cette occasion.

Les activités extra scolaires : une personne bénévole apporte un soutien scolaire aux jeunes qui le souhaitent, ce soutien étant vécu en relation individualisée.

Les chantiers d’été

Les avantages y sont multiples :

  • créer des espaces plus gais, plus propres,
  • passer des vacances de façon intelligente en alternant détente, loisirs,
  • se faire de l’argent de poche supplémentaire car tout travail mérite salaire,
  • apprendre aussi la valeur de l’argent,
  • apprendre également les règles élémentaires du monde du travail comme la tenue des
  • comptes d’heures, le respect des horaires, l’évaluation de la rémunération espérée...

Travailler sur le vécu et l’analyser

Lorsqu’un éducateur vit une situation avec un jeune, il doit pouvoir retravailler ce vécu. Il essaiera de prendre conscience de la résonance que cela a provoquée en lui. Il est opportun, dans l’analyse du fait, de se questionner sur ce qui est de l’ordre de la fille et ce qui est de l’ordre de soi-même. Ce questionnement permettra de dissocier l’action éducative de sa propre histoire. Ce qui a marché pour nous, ne fonctionne pas forcément avec les jeunes. S’y obstiner peut provoquer une souffrance chez la jeune.

Les transferts et les vacances

Les transferts permettent aux adolescentes de découvrir et de partager une autre forme de vie en collectivité avec une équipe éducative de deux ou trois personnes dans des lieux différents. Les transferts favorisent et intensifient les relations jeunes/adultes. Le partage de chaque jour qui passe est toujours a. moment privilégié dans l’action éducative. L’observation de l’adolescente à travers les activités et la vie quotidienne est riche d’enseignements et de découvertes.

Créer des lieux de parole

Parfois, la charge est lourde et écrasante, d’où l’utilité de dialoguer ouvertement et de façon constructive avec autrui. Ce qui explique la création de lieux de parole où chacun s’exprime avec ses insécurités et ses incompréhensions, avec ses espoirs et ses blocages. Ainsi, ces lieux sont libérateurs, rassurants et constructifs.

Face aux problèmes de comportements, créer un recadruge

Il est parfois judicieux de retirer momentanément une jeune de l’établissement lorsque ses comportements représentent un danger quelconque pour les autres du groupe. Le travail en réseau sera utilisé autant que possible.

Lu fête

La fete annuelle est l’occasion de se mobiliser sur un projet qui apporte une cohésion au groupe. C’est aussi une opportunité pour accueillir les familles et nos partenaires de travail. Le but est de faire de cette fète une journée sympathique pour favoriser des rencontres.

 

CONCLUSION

Dans tout projet, il importe qu'il y ait une adéquation entre les objectifs et les moyens. Ce nouveau projet permettra au personnel de progresser. Il l'aidera à repérer cette progression et à maintenir le cap que chacun s'est fixé.

 

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