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![]() "Informations bi-annuelles sur la vie de l'établissement" |
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Janvier 2000 - N°7 |
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Je ne vous souhaiterai pas comme certains le font un bon XXIéme siècle. Comme vous le savez sans doute, l'année 2000 est seulement la dernière année du siècle et nous n'entrerons dans le IIIéme millénaire que le 1er janvier 2001.
Dans le numéro de juillet, nous vous présenterons d'autres surprises.
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BONNE ANNEE 2000 A TOUS ! ! ! |
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Le projet éducatif de BENOIT LABRE a été travaillé pendant l'année scolaire 1996/1997. Il a été diffusé à partir d'octobre 1997. Deux ans plus tard, il est pertinent de vérifier la corrélation ou les écarts entre ce que nous avons écrit et la manière dont ça se passe concrètement sur le terrain. Cette évaluation se fera en trois phases :
Ces trois phases seront exécutées selon le calendrier suivant : - fin 1999 : remise des documents de travail aux éducateurs et échange en réunion générale - février : évaluation des intervenants extérieurs : ceux-ci effectueront une analyse du contenu des documents à partir desquels ils établiront une grille d'évaluation. Ils prévoient des observations directes sur le terrain et une série d'entretiens -
mars/avril : * auto évaluation de l'équipe. Une grille comportant
les objectifs généraux du projet éducatif sera affichée en salle de
réunion. Chacun sera invité à y insérer des exemples qui correspondront
aux catégories suivantes : * consultation des jeunes accueillies : un questionnaire de 79 questions avec 5 niveaux de réponses sera remis à chaque fille. Il leur sera demandé de le remplir et de le remettre aux chefs de service. Elles pourront garder l'anonymat si elles le désirent. - mai et juin seront consacrés aux bilans et nous espérons pouvoir vous communiquer des résultats dans le " Labre Echos " de l'été prochain. Toutes les remarques que vous voudrez bien apporter au sujet de l'évaluation seront les bienvenues. Si vous avez noté des observations allant dans le sens du projet ou au contraire qui en divergent, merci de nous les faire connaître. Nous vous présentons ci-dessous la thématique retenue pour l'évaluation de notre projet éducatif, par PROMOCOM, qui assumera le rôle d'intervenant extérieur. La lecture du projet éducatif de la Maison d'Enfants nous amène à repérer deux objectifs essentiels dans la prise en charge des jeunes filles accueillies, qui pourraient se résumer par deux mots clés qui sont : l'autonomie et l'intégration. Pour BOUTINET, l'éducation est un paradoxe : d'une part, il faut amener l'éduqué à se conformer à des règles et des normes et d'autre part, il faut l'amener vers l'autonomie c'est-à-dire être capable de se donner ses propres règles et normes de conduite. Les objectifs apparaissent concomitants puisque l'autonomie ne s'envisage que dans le contexte d'un "cadre" définissant un espace de possibles mais aussi des interdits. (Le respect de ces interdits sera le garant de leur intégration).
Amener à l'intérieur de l'institution les règles qui prévalent à l'extérieur, "reproduire le plus possible les conditions de vie normale" (extrait du projet éducatif page 10) permettent d'imaginer un nouveau type d'établissement qualifié de réaliste, à l'intérieur duquel la qualité de relation apparaît comme support principal de l'action éducative, support au travers duquel pourront s'exploiter tous les moyens "techniques" (personnel qualifié, travail en équipe....) à la disposition de l'institution. |
Pour réaliser la mission qui nous est confiée: évaluer les concordances et/ou les décalages entre les écrits et les réalités (le prescrit et l'effectif) il nous parait intéressant de dégager 4 thèmes qui seront explorés par différentes méthodes que nous développerons ensuite. I - L'AUTONOMIE DES JEUNES ACCUEILLIES Evaluer toutes les procédures qui permettent au sein de l'établissement : - indépendance
dans les actes de la vie quotidienne, II - LA RELATION : SUPPORT DE L'ACTION EDUCATIVE Evaluer au niveau du personnel encadrant :
- l'écoute, respect de l'autre, III - L'INTÉGRATION Devenir des gagnantes : trouver une place dans la société, de quelle manière le personnel encadrant agit pour contribuer à ce que la société leur fasse une place, qu'elles ne deviennent pas "hors jeu". IV - ÉTABLISSEMENT RÉALISTE Evaluer en quoi le personnel encadrant perçoit l'établissement comme "un établissement réaliste":
- Management (page 11) test de ANZIEU sur la perception de l'autorité.
Dans la démarche d'évaluation de PROMOCOM, on mesure la distance entre ce qui est projeté et la réalité des procédures et dispositifs de prise en charge mis en place. Les méthodes utilisées pour appréhender de façon objective les concordances ou les décalages entre le projet éducatif et les réalités institutionnelles et cliniques, seront diverses et complémentaires. Il s'agira plus particulièrement des techniques suivantes : * Analyse de contenus qualitative et quantitative de documents. - Comptes-rendus
de conduites éducatives, * Entretiens semi-directifs. * Questionnaire comprenant des questions ouvertes, des Q.C.M...des échelles d'attitude. * Observations externes. Elles s'appliquent à l'ensemble du personnel, aux personnes accueillies, dans la mesure du possible aux familles et seront complétées par un entretien avec le Directeur. Les résultats d'analyse de contenu de ce dernier constitueront les éléments du contexte global du travail d'évaluation et d'interprétation. Outre les références, moyennes, "étalon" inhérents à chaque méthode, l'interprétation se fera en regard du projet éducatif qui dans toutes nos démarches restera la "référence".
"Quand la protection de l'enfant coïncide avec la crise du personnel, il ne faut plus comprendre, il faut prier." (M. AUDIARD " Les Tontons Flingueurs ") |
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Nous avons proposé à nos financeurs un projet qui consisterait à accueillir des adolescents dans des familles, au sein d'un nouveau service créé par BENOIT LABRE. La demande officielle de ce projet a été déposée fin octobre 1999. Nous attendons la réponse. Nous vous en présentons ci-dessous les grandes lignes. Les établissements ne peuvent pas répondre à tous les profils de jeunes. Certains souffrent de "l'institutionnalisme " ou du " syndrome des longs placements ". Cela se traduit par des fugues, des tentatives de suicide, des vols, de l'absentéisme scolaire, etc. Avec ces jeunes, il est impossible d'établir un projet et de maintenir une relation. Les éducateurs se découragent, n'ont aucune prise sur eux et ont le sentiment que ces adolescents sont dans la toute puissance. On finit par en arriver à une demande de main levée qui n'est pas une meilleure solution, mais qui se présente souvent comme la moins mauvaise. Faut-il en effet laisser ces jeunes dans un milieu où ils se détruisent ? Bien qu'il possède des atouts que n'ont pas les autres modes de prise en charge, le placement en institution implique une prise en charge collective avec ses limites et ses points faibles. Certains jeunes adolescents ont des comportements qui ne sont pas adaptés à la vie de groupe. Ils ne s'y sentent pas bien, ils rejettent leur placement, ils ont des fréquentations peu recommandables, ils se laissent influencer, fuguent, ne vont pas en classe et traînent à l'extérieur toute la journée, consommant de l'alcool et de la drogue en toute impunité. D'autres encore présentent une immaturité affective que les éducateurs de groupe ne peuvent combler pour diverses raisons (charge de travail en collectivité, professionnalisme exacerbé, pudeur, craintes de s'impliquer, peur de créer un déséquilibre dans l'attention accordée)*. De ces jeunes on dit souvent : " Elle serait bien dans une famille, mais on ne trouve pas " ou encore " Personne ne veut la prendre parce qu'elle a connu plusieurs échecs en placement ou elle a commis des délits ". Cependant, les établissements ont une expérience, un savoir-faire irremplaçable. Un travail en réseau avec des lieux de vie ou des familles d'accueil devrait permettre aux institutions d'assumer ces problématiques plutôt que d'en arriver à la main levée. Seulement les premiers n'existent pas dans le Pas de Calais, et ailleurs ils sont très rares. Les seconds n'accueillent pas ou très peu des adolescents. Il se passe d'ailleurs plutôt le contraire : ce sont les établissements qui prennent le relais des assistantes maternelles au moment de l'adolescence. Pour répondre aux diverses problématiques de ces jeunes, il faut pouvoir les accompagner le plus loin possible en apportant une diversification plus importante des réponses, en proposant des solutions innovantes, de nouveaux outils et un peu d'audace. En particulier pour répondre aux problèmes posés par les jeunes qui rejettent les collectivités ou les institutions, une solution mixte faisant appel à l'expérience de l'établissement avec une prise en charge dans une famille, donc beaucoup plus individualisée semble s'imposer.. Il faudrait améliorer les possibilités de travail en réseau basé sur une grande souplesse d'action. CREATION DE RAFAEL Pour atteindre ces buts nous proposons la création d'un réseau d'accueil en familles pour adolescents. Il s'agirait pour l'établissement d'embaucher une dizaine d'assistantes maternelles qui deviendront salariées de l'association. Un réseau sera créé entre ces familles et le plateau technique de l'établissement. Des réunions périodiques permettront aux familles de se connaître et d'évoquer les problèmes rencontrés dans la prise en charge des jeunes confiées. * Un membre de l'équipe a écrit son mémoire d'éducateur spécialisé sur ce sujet. |
Les familles seront assistées par deux éducateurs, un chef de service, un psychologue et un psychiatre. Le recrutement des assistantes maternelles se fera dans un rayon de 15 km autour de l'établissement. La situation d'Arras permet des placements en ville et d'autres à la campagne. La sélection devra être très minutieuse. Indéniablement RAFAEL constitue une alternative au placement classique en institution ou en famille d'accueil. En faisant le lien entre les deux, il permet la prise en charge soit dans l'un, soit dans l'autre individuellement. La famille d'accueil n'est plus isolée puisqu'elle peut faire appel à un professionnel du plateau technique RAFAEL 24h/24. RAFAEL constitue également une alternative intéressante pour des jeunes placés depuis longtemps en institution et qui expriment le besoin de " souffler " pour un temps. Le travail en réseau permet également aux familles d'effectuer des relais entre elles, soit ponctuels, soit définitifs. Les jeunes qui bénéficieront du service de RAFAEL ne seront pas accueillis dans une famille, mais dans le service qui comprend des familles d'accueil. Les jeunes le sauront. Cela permettra une plus grande souplesse en ayant la possibilité de changer la fille de famille en cas de nécessité. Pour chaque assistante maternelle, il sera demandé un agrément de trois places. Deux places permanentes, et une troisième pour permettre d'assurer les relais et d'accueillir momentanément des filles confiées à d'autres familles du réseau ou à l'établissement. Le statut des assistantes maternelles. Elles seront considérées comme des professionnelles à part entière. Dans la mesure du possible l'agrément sera demandé également pour le conjoint. Elles seront salariées de l'établissement au même titre que les autres membres de l'équipe. La formation des assistantes maternelles. Une formation de 12O heures est prévue dans le cadre des agréments. Une réunion par quinzaine, obligatoire, réunira toute l'équipe de RAFAEL pour aborder les pratiques et les difficultés rencontrées. Les assistantes maternelles en tant que salariées de l'établissement pourront bénéficier du plan de formation. LES MOYENS Humains : 10 familles d'accueil, 2 éducateurs, 0,5 psychologue et psychiatre, 0,5 chef de service, 0,75 secrétaire Investissements : 1 véhicule, 2 téléphones portables, aménagement bureaux, matériel informatique Fonctionnement : Frais de transport, frais de scolarité. (voir projet déposé pour complément d'informations)
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LE LIVRET D'ACCUEIL Nous préparons actuellement un livret d'accueil qui sera remis à chaque fille lors de son admission. Il comprendra une charte des droits et devoirs. Nous partons du principe que tout droit implique des devoirs. Pour chaque domaine abordé, les uns et les autres seront mentionnés. Nous y trouverons également une présentation de l'établissement, des informations sur le fonctionnement et les règles de vie générales. Enfin, nous y ajouterons la convention internationale des droits de l'enfant. Nous vous présenterons en détail la Charte dans notre prochain numéro. LES VEILLES DE NUIT La loi Aubry 2 a enfin officialisé les équivalences des veilles de nuit prévues par la convention collective. Celles-ci sont maintenant légales. C'est dommage pour ceux qui espéraient être payés à dormir. C'est une bonne chose pour les jeunes accueillis dans les établissements ou les veilles de nuit sont assurées par du personnel éducatif.
L'ETAT S'ENRICHIT SUR LE DOS DE l'AIDE SOCIALE Sur les 1 108 189 francs d'impôts payés par l'établissement, 35 986 sont récupérés par les collectivités locales dont le département. Le reste 1 072 203 sont destinés à l'état. Est-il normal que l'état récupère des sommes aussi importantes sur des actions d'aide sociale qui sont prises en charge par le département ? Cela a représenté 9.84 % du budget de l'établissement pour l'année 1998. Cette année là, le prix de journée était de 767.00. Il aurait été de 687.00 sans les impôts. N'y aurait-il pas lieu pour les associations travaillant avec des fonds publics en provenance du département d'être exonérées de T.V.A., d'impôts et taxes sur les rémunérations, des impôts fonciers et autres impositions diverses ? |
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Cette année encore, 11 filles du centre n'ayant pas de possibilité de retour en famille ont choisi de participer à un séjour de ski. Il est à noter que certaines, débutantes, ne se sont pas laissées décourager par les gamelles. Heureusement, cette année, la neige était bien présente et les pistes de Val Cenis étaient praticables dans leur ensemble. Le site culmine à 2 800 m d'altitude et toutes ont pu en fin de séjour, y monter pour admirer de là?haut, le lac du Mont Cenis. Ceci suppose bien évidemment de redescendre le tout à ski. Belle performance ! En effet, presque toutes ces filles sont des autodidactes et n'ont jamais pris une seule heure de cours… sauf auprès des membres de l'équipe éducative du centre qui encadre le séjour. Au final, elles ont pu passer officiellement leurs étoiles de ski auprès de l'E.S.F. de Val Cenis.
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Sur onze filles :
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- 2 ont obtenu leur 1ère étoile |
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Chaque année, les filles progressent, dominent leurs appréhensions et prennent plaisir à faire du sport tout en s'amusant.
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En octobre, un appel de l'Institut Pasteur a causé bien du remous. Il était proposé aux jeunes surtout, mais aussi au personnel d'encadrement, un bilan de santé complet. La seule condition étant d'appartenir aux caisses d'assurance maladie de Lille ou de Lens ou d'Arras. Les adolescentes ont été vite partantes et se sont engagées par écrit pour réaliser ce projet. Le médecin, l'infirmière et toute l'équipe éducative ont travaillé ensemble à la réussite de cette journée. Il a fallu expliquer, rassurer, remplir un questionnaire individuel. Enfin, le 19 novembre au matin, 21 filles accompagnées de 6 adultes se sont installés dans les 3 véhicules de l'établissement afin de se rendre sur Lille où un très bon accueil leur fut réservé. Après la prise de sang, il fut servi un repas sur place : certaines ont beaucoup apprécié la sauce et convaincu le cuisinier de leur en resservir. |
Des explications sur le déroulement de la journée furent données pendant cette pause. L'après-midi, les participantes passèrent successivement un contrôle des yeux, une audiométrie, une spirométrie, un électrocardiogramme. Après avoir été mesurées et pesées, elles pouvaient rencontrer la gynécologue pour un entretien ou un examen et enfin une diététicienne se tenait à leur disposition. Un médecin réalisait un examen clinique. Chacune reçut en mains propres ses résultats. Le personnel médical répondait avec beaucoup de gentillesse aux questions. Cette expérience à l'extérieur a surtout permis de prendre conscience que la santé est un bien précieux qu'il faut préserver. Bravo à toutes ces jeunes pour le sérieux qu'elles ont mis à se prêter à tous ces examens et à en comprendre leurs significations. Il reste à souhaiter que celles qui n'ont pas pu venir le 19 puissent bientôt participer à une journée semblable. |
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"Le Petit Prince" : Un défi pour nos jeunes L'année 2000 célébrera l'anniversaire d'Antoine de St. Exupéry. Une heureuse coïncidence. Dans le cadre de l'activité théâtre que nous avons reprise en novembre, nous nous sommes fixés un objectif quelque peu audacieux. Il s'agit ni plus ni moins que d'interpréter le petit prince. Sept jeunes de Benoît Labre se sont engagées dans ce projet. D'autres peut-être parmi les nouvelles les rejoindront. Un stage d'une semaine à Esquelbecque a servi de mise en route. A l'issue de celui-ci, les filles ont donné leur accord et se sont engagées à mener à terme le projet. Depuis, tous les quinze jours, elles consacrent une soirée avec le professeur de théâtre pour les répétitions. Aux vacances de printemps, un second stage permettra des répétitions intensives. Si tout marche comme prévu, notre petite troupe sera en mesure de représenter " le Petit Prince " sur scène en juin. Peut-être même pourrons-nous nous inclure dans les manifestations qui seront consacrées à St. Exupéry cette année. |