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Educatif
Labre
Echos (07/1999)
Labre
Echos (01/2000)
 

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"Informations bi-annuelles sur la vie de l'établissement"
Juillet 1999 - N°6
SOMMAIRE
 

 

LES BREVES DE BENOIT LABRE

  On nous a annoncé que des travaux de réflexion sur un vrai schéma départemental allaient bientôt se mettre en place. Mais on nous avait aussi annoncé il y a presque un an que la communication allait s'améliorer. Pour le moment rien n'a bougé. Comme Saint Thomas nous attendons de voir.

  La négociation sur les trente cinq heures s'est bien déroulée dans l'établissement. L'accord d'entreprise a été déposé fin juin en vue d'obtenir le maximum des aides de l'état. Nous attendons l'accord de nos tutelles pour une application à partir du 20 septembre.  

  Le projet RAFAEL (Réseau d'Accueil en Famille pour Adolescents en Limite) sera envoyé au département et à la PJJ cet été. Nous vous exposerons en détail ce projet dans notre numéro de janvier.  

  La PJJ nous a refusé la conversion des postes de veilleurs en postes éducatifs, et ce, malgré le soutien que nous avions des juges d'Arras et de Béthune.  

  Nous sommes actuellement adhérents à l'association Korcjack et à l'Union Fédérale des consommateurs de l'Artois.  
 

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    Habituellement le «Labre échos» vous parvient début juillet avant les départs en vacances. Cette année, le lourd dossier des trente cinq heures nous a retardé et c'est avec beaucoup de peine que nous bouclons pour début Août. 

  Aussi aux uns nous souhaitons de bonnes vacances et aux autres une bonne rentrée. 

 
 

 
 
 LE FONCTIONNEMENT DES APPARTEMENTS
 

  «Les apparts, comment ça marche» ? 
  Telle est la question que les jeunes, les partenaires nous posent souvent. 
  Il faut savoir que cela repose avant tout sur un principe de réalité. Un départ en appartement se prépare plusieurs mois à l'avance, tant sur le plan financier que social et moral. En appartement, il faudra faire face à la solitude, apprendre à effectuer des démarches administratives, etc... En tous les cas, la jeune accède à son propre logement. Le bail est établi à son nom avec la garantie de l'établissement pendant la durée de sa prise en charge. Elle reçoit  le  montant  du  loyer  par l'établissement et acquitte ses charges grâce à l'allocation logement qu'elle perçoit. Il lui faut donc gérer au mieux ses comptes (sous le contrôle d'un éducateur référent du centre). Elle peut bénéficier d'une aide à l'installation (pour acheter des meubles) par l'intermédiaire d'un fond d'aide aux jeunes. 

  Les avantages du système: 

 
1)  La possibilité d'évaluer en grandeur nature les capacités de la jeune à vivre en autonomie.

2)  La jeune a déjà son propre logement le jour où elle sort du service.

3)  En cas «d'erreur de gestion», il existe toujours la possibilité d'aide par le centre.

4)  Toutes les aides (C.A.F. ou autres) produisent leurs effets sans interruption.

5)  La  proximité de l'équipe éducative rassure les jeunes qui n'hésitent pas à se lancer plus tôt dans une vie en studio... Ils ont toujours la possibilité de venir au centre pour rompre la solitude. 

6) Pas de déménagement obligatoire  à échéance  du contrat jeune majeur.

  Les jeunes filles du centre partent après leur majorité et lorsque leur projet individualisé le prévoit, à plus ou moins brève échéance suivant leur degré d'autonomie...

 Toutefois, nous envisageons à l'avenir de développer des studios internes où la préparation préalable à ce départ à l'extérieur serait plus approfondie.
 

 
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LA FETE : EDITION 1999
  Le samedi 5 juin, a eu lieu la fête de BENOIT LABRE. A partir de 12 heures, une centaine de personnes (personnel, jeunes de l'établissement, familles des jeunes, partenaires extérieurs...) se sont retrouvées autour d'un buffet froid préparé par les maîtresses de maison. L'ambiance était au beau fixe, même si le soleil laissa pendant un temps place à la pluie. Ensuite, autour des stands, chacun pouvait faire des performances, notamment au billard hollandais et au jeu de fléchettes. Cette année, tout au long de l'après-midi, des temps de spectacle s'entrecoupaient avec les stands: spectacle de danses, de chants présenté par les filles, préparé et mis en scène pour une partie des danses par une éducatrice, Karine DEGOUTE. 

  Les adolescentes étaient très motivées et ont donné le meilleur d'elles-mêmes pour que le spectacle soit réussi. A 17 heures, pendant près d'une heure, douze jeunes ont présenté des saynettes de théâtre. Pendant une semaine, avec un professeur de théâtre, Mr. Raphaël LARROQUE ainsi que deux éducateurs (Peggy DEROUCK et Pascal LAZIER), elles avaient pu mettre sur pied cette représentation. Ces jeunes ont pu nous dévoiler leurs talents et furent récompensées par les applaudissements dans la salle. 

 
  La fête terminée, quelques adultes ainsi qu'une vingtaine de jeunes se sont retrouvés autour d'un barbecue... malheureusement sous la pluie! Enfin, jusque O H 30, jeunes et moins jeunes ont pu chanter et danser grâce au karaoké animé par le groupe « Star d'un soir». 

  Le bilan est positif même si quelques améliorations seront apportées l'année prochaine. 
  Lesquelles ? Rendez-vous le 1er samedi de juin 2000 et vous les découvrirez. 

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APPEL A LA CONCERTATION
 
  Les articles 227.7 et 227.8 du code pénal précisent que tout tiers qui retiendrait un enfant même avec son accord, sans l'autorisation des parents s'expose à des sanctions pénales pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison et 500 000 francs d'amende pour soustraction d'enfant. Nous en sommes à notre huitième plainte depuis un an et demi, et jusque maintenant aucune suite n'a été donnée. 

  Nous constatons régulièrement dans notre pratique de tous les jours une nouvelle forme de maltraitance : c'est l'absence et le non-respect du droit et devoir de surveillance des parents ou des adultes responsables d'enfants.  

  Si nous pouvons nous questionner sur la légalité et le respect des jeunes en plaçant une adolescente dans un lieu contenant, nous nous questionnons également sur l'article 1388 du code civil qui rappelle les obligations des époux et par extension de ceux qui sont responsables de mineurs en matière d'autorité parentale. Le droit pénal sanctionne le non respect de cet article. Les articles 108.2, 371.3, et 377.1 du code civil précisent le droit de fixer le domicile du mineur. Les parents ont donc le droit de retenir leur enfant qui « ne peut, sans permission, quitter la maison familiale. Le droit de surveillance est aussi un devoir. » 

  Nous percevons facilement ici le paradoxe. D'une part l'article 227.8 prévu par le législateur pour protéger les mineurs n'est pas appliqué par la justice, et d'autre part l'établissement à qui les enfants sont confiés par le juge ne peut accomplir avec l'accord  des  parents  le  devoir  de surveillance au prétexte que le législateur ne prévoit pas de lieux contenants. 

  Bien entendu celui-ci a ses limites. Il doit être exercé dans l'intérêt de l'enfant. Où est l'intérêt de l'enfant ? D'un côté alcool, drogue, sexe, risques de maladies. de 
l'autre, être enfermé en recevant régulièrement des visites tout au long de la journée, en instaurant un dialogue. Bien entendu dans le premier cas, personne n'est responsable. Nous avons fait la déclaration de fugue, nous sommes couverts. Dans le second cas nous sommes responsables. Et si elle saute par la fenêtre ? Et si elle tente de se suicider? Et si les puristes du droit de l'enfant alertent la presse pour dénoncer la création d'un gnouf dans l'établissement. 

  Qu'en dit la convention internationale des droits de l'enfant?

  L'article 2.2 vise à protéger l'enfant contre toute discrimination et l'article 37 précise que nul enfant peut être privé de liberté de façon illégale et arbitraire, qu'une telle mesure ne soit appliquée qu'en dernier ressort et qu'il soit traité avec respect et humanité. L'article 21 précise que l'enfant doit être protégé contre toutes formes de violence,  d'atteinte  ou  de  brutalités physiques ou mentales, d'abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d'exploitation.. L'article 33 garantit la protection des enfants contre l'usage illicite de stupéfiants. 

  Ce qui est certain pour nous, c'est que l'indifférence que nous constatons par rapport aux dangers que peuvent encourir certaines adolescentes pendant les fugues ne correspondent pas à cette convention. Pour beaucoup, peut importe ce qui arrive pourvu que ce ne soit pas sous notre responsabilité. Les parapluies s'ouvrent. Personne ne s'inquiète de ce que fait ou subit une adolescente quand elle dort dans un wagon SNCF ou qu'on la retrouve avec une bande dans une chambre d'hôtel, mais, il est inadmissible de l'enfermer quelques jours dans une chambre, et il est parfaitement acceptable que ses parents soient dans l'angoisse et qu'elle soit hébergée chez plusieurs adultes pendant un mois sans que personne ne bouge. 

  Il me paraît urgent de régir, et il serait peut être judicieux que les responsables d'établissements, les groupements d'associations, les responsables du département et de la PJJ, les juges, les procureurs, la police, les élus puissent se concerter sur cette question, si nous voulons vraiment assurer la sécurité et le bien être de nos jeunes. 

  N'oublions pas qu'une fugueuse qui s'absente de l'établissement pendant un mois, ne nous pose pas de problème au niveau du quotidien. Elle est absente, il n'y a donc pas de problèmes de comportement. Les nouvelles mesures prises par le département du Pas de Calais nous permettent dans ce genre de situation d'accueillir en excédent. Il n'y a donc pas non plus de problème de gestion. Mais pour nous déontologiquement cela est inacceptable. 

  Nous enverrons dans les semaines à venir un courrier à nos principaux partenaires pour solliciter une concertation sur ce sujet. Nous proposons à tous ceux qui sont intéressés par un travail de réflexion sur cette question de nous contacter, et nous sommes volontaires pour participer à toute démarche qui pourra contribuer à régler ce problème.

 
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LES OLYMPIADES
I - Les principes 

  Deux week-ends dans l'année: 
-  des équipes de cinq jeunes et un éducateur 
-  un moment de vie partagé entre jeunes et éducateurs 
-  passer dans les établissements organisateurs 
-  proposer des activités sportives qui sortent de l'ordinaire. 
 

II - Les olympiades 99 

  C'est le 16 mai dernier, à Boulogne, que se 
sont déroulées les premières épreuves (désormais annuelles) des rencontres inter-maisons d'enfants du Pas-de-Calais. 
  Le beau temps était de la partie et dans le parc attenant au « Home de Beaurepaire» avaient été organisés un jeu de quilles en bois à l'ancienne et un parcours « du combattant » chronométré. 
  En soirée, la maison d'enfants de la Marine, prenant le relais, avait organisé un spectacle médiéval et le dimanche, une course d'orientation.

  Le second week-end s'est tenu les 13 et 14 
juin au centre Yvonne-de-Gaulle à Blériot- Plage, près de Calais, où les concurrents ont dû s'affronter autour d'un mur d'escalade, de rencontres de Basket et d'un jeu de chevalier masqué. 
  La journée du samedi s'est poursuivie autour 
d'un couscous et terminée par une soirée dansante. 
  Le dimanche, ont débuté des épreuves de 
Hockey sur gazon, la réalisation d'une gargouille en béton cellulaire, suivies d'un tir 
à la corde en fil rouge. 
  C'est finalement environ une centaine de personnes qui se sont retrouvées pour un grand barbecue sous un soleil radieux et une ambiance bon enfant.  

III - Les résultats 

  BENOîT LABRE se classe 3ème au général et 
1ère équipe féminine ! 
  La coupe des olympiades revient à «Yvonne-de-Gaulle» (arrivé en tête des deux week-ends) où elle séjournera jusque l'année 
prochaine.

 
Les participants : Anne-Benoît- 
Yvonne et les autres
Nombre 
d'équipes
St.Anne 3
La Charmille 1
Benoît Labre 2
Champagne-les-Hesdin 2
Rumeaucourt 2
Home de Beaurepaire 1
La Marine 1
Yvonne-de-Gaulle 1
Noeux-les-Mines 1
Au total, 84 personnes dont 70 jeunes !
 
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DIPLOMES OBTENUS EN JUIN 99

 - Sylviane Dubois : C.A.P. Maintenance et Hygiène des Locaux 
- Sandra Hermant Brevet des collèges 
- Corinne Lacroix : C.F.G. 
- Karine Laflutte : Bac Sciences Technologiques et Tertaires 
- Alexandra Noblet : Bac Littéraire 
- Edith Quenon: C.A.P. Couture 
- Bérangère Cordule : Bac Sciences Technologiques et Tertaires 
- Aicha Iddouche : C.A.P. Employé des Techniques de Collectivités 
- Audrey Velghe : Bac Pro Secrétariat 
- Lydie Vigny : B.T.S. Force de Vente 
- Cynthia Kolowski: B.E.P. Secrétariat 

 
 
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LES DEPARTS ET LES ARRIVEES
LES ARRIVEES 

Patricia Campagne : chef de service depuis le 21 janvier (voir Labre écho N°5). 
Aude Guilbert 

LES DEPARTS 

Jean Paul Ollivier 

  Après avoir obtenu son diplôme de médecin psychiatre en 1963 à Lille, il a installé son 
cabinet sur Arras en 1964. Il effectuait également ses vacations dans des établissements 
sanitaires et sociaux. Entre autres il est entré en 1964 au Bon Pasteur qui est devenu Benoît 
Labre en 1976. 

  C'est au 31 mai 1999 que le docteur Ollivier a pris sa retraite après avoir exercé ses 
fonctions de médecin psychiatre pendant 35 ans dans notre établissement avec beaucoup de 
compétence, d'humanisme et de simplicité.

 
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PAS TOUCHE
  Presque tout le monde lui a déconseillé de présenter un mémoire aussi audacieux au DESS. On lui prédisait un échec probable. Malgré cela, Didier Jakubowski a tenu bon, et est allé jusqu'au bout dans son travail de réflexion sur le toucher et la relation affective avec des adolescentes pour un éducateur dans le cadre de son travail. 

  On peut dire aujourd'hui que l'audace paye, puisque le jury a apprécié ce mémoire. Cela les changeait des sujets habituels qui reviennent chaque année. Nous reproduisons ci-dessous l'introduction de ce travail.

  Moniteur éducateur depuis 1990, j'ai pu par mon expérience pratique, développer ma réflexion et ma façon d'être dans la relation éducative, pour atteindre une certaine qualité de celle-ci. Ce travail a pu s'effectuer par des formations thérapeutiques, le travail sur le projet éducatif de l'institution et les projets individualisés. Cette pratique professionnelle s'est toujours située dans le cadre d'une maison d'enfants à caractère social. 

  Au fur et à mesure de mon expérience, j 'ai pu constater la demande affective par le biais des contacts corporels des jeunes en institution. J'ai pu après avoir réfléchi sur le sens que pouvaient avoir ces contacts, analyser les contextes dans lesquels cela pouvait être exercé, progressivement répondre à des demandes comme pouvoir s'embrasser pour se dire bonjour. 

  Cette réflexion s'est affinée dans des formations annexes et plus particulièrement par un travail sur moi-même. il m'a apporté un enrichissement dans ma réflexion sur la relation éducative et appris à utiliser mon ressenti pour évaluer les contacts corporels reçus ou donnés. En parallèle, cette analyse m'a donné l'occasion de prendre conscience du langage corporel. Ce travail s'est effectué par des formations en Analyse transactionnelle et en Programmation Neuro Linguistique. Elles m'ont permises dans ma pratique de lui donner un sens, de savoir quand et comment les donner avec sécurité et confiance. 

  Je travaille au sein d'un groupe accueillant douze jeunes filles de treize à dix-huit ans. Riche de mes expériences précédentes, je me suis trouvé confronté à une remise en question de ma pratique et plus particulièrement  des  contacts  corporels affectifs, donnés à certaines jeunes de mon groupe.

  Il m'a paru alors pertinent d'axer mon travail de mémoire sur ce sujet: « donner un sens au toucher dans la relation éducative avec les jeunes de l'institution ». 

  La réponse est souvent négative et sa représentation basée sur le danger qu 'il suscite dans notre pratique. Ce regard peut-il être différent et donner un autre sens qu'une intention sexuelle? 

  A  partir  du  projet  éducatif  de l'établissement, dans une première partie, je vais définir la relation éducative et les différents concepts qui la composent. C'est à partir de cette relation éducative que peuvent naître des contacts corporels. 

  Par diverses approches théoriques, dans une seconde partie, j 'ai développé différentes définitions possibles au contact corporel et ainsi, lui ai donné un sens dans le travail éducatif. 

  J'ai  vérifié  mon  hypothèse par  un questionnaire auprès d'éducateurs en formation et des entretiens auprès des jeunes. A partir des résultats, j'ai développé ma réflexion et observé les résultats obtenus dans l'institution. 

  La dernière partie me conduit à faire des propositions dans un projet professionnel, voire institutionnel et conclure sur un sens possible à donner au « toucher ». 
 
 
 
  

 Pour tous renseignements vous pouvez contacter Didier Jakubowski à Benoît Labre où il est maintenant éducateur spécialisé.

 
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